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Josef Schovanec utilise sa notoriété pour défendre leur intégration à l’école ou dans le monde du travail.

«L’autisme n’est pas une pathologie, c’est une autre manière d’être.» Docteur en philosophie, et autiste Asperger, Josef Schovanec, 36 ans, partage ses idées avec douceur et détermination. Au quotidien, cet hyperpolyglotte (il parle plus de dix langues) né en France se définit plus volontiers comme un «saltimbanque de l’autisme». Depuis douze ans, il voyage dans le monde entier pour sensibiliser le public à ce trouble neurodéveloppemental caractérisé par de nombreuses difficultés dans le contact avec l’environnement social. Il sera présent mardi soir à la salle de Prazqueron, à Romanel-sur-Lausanne, pour une conférence organisée par la Fondation de Vernand, sur le thème de l’autisme mais aussi du décloisonnement et de l’autodétermination des personnes en situation de handicap.

Quel serait le plus urgent, selon lui? «Intégrer les enfants autistes dans les écoles, et simplifier l’accès à l’emploi. Chaque autiste peut évoluer et progresser. Mais il faut qu’on lui en donne la possibilité.»

«Les autistes (ndlr: environ 1% de la population) ont pendant trop longtemps été tenus à l’écart de la société et bourrés de médicaments, souligne Josef Schovanec, qui a lui-même vécu cette situation dans sa jeunesse. «Leur présence, par la diversité qu’elle apporte, est pourtant très enrichissante, en particulier pour les non-autistes», note le philosophe.

Pour faire bouger les lignes, un gros travail de sensibilisation reste encore à effectuer. Josef Schovanec s’y consacre corps et âme, même s’il reconnaît que ses forces sont limitées. «Les besoins sont énormes, et les combats à mener trop nombreux, précise-t-il. L’intolérance provient souvent d’une incompréhension profonde, dont souffrent les principaux concernés. Des études scientifiques ont ainsi montré que le risque de suicide chez les autistes légers est presque dix fois supérieur à celui de la population générale. C’est une situation dramatique.»

De fait, hors d’une institution, le quotidien d’une personne autiste est actuellement jonché d’embûches, que ce soit pour gérer son emploi du temps, faire ses courses, aller chez le dentiste ou obtenir un entretien d’embauche. «Les pays anglo-saxons sont en avance dans ce domaine, remarque Josef Schovanec. Certains magasins ont adapté leurs horaires pour les autistes, et les enseignants sont spécifiquement formés à cette problématique. Dans nos contrées, je désespère un peu des responsables politiques. Ils font de beaux discours, mais rien ne bouge vraiment.»

Quel serait le plus urgent, selon lui? «Intégrer les enfants autistes dans les écoles, et simplifier l’accès à l’emploi. Chaque autiste peut évoluer et progresser. Mais il faut qu’on lui en donne la possibilité.»

Martin Bernard 02.10.2017 (TDG)
https://www.tdg.ch/suisse/suisse-romandeautistes-longtemps-tenus-ecart-societe/story/22509446