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Mercredi, Handimômes sera au Marché Couvert pour une rencontre autour de l’autisme. Selon l’association Vaincre l’autisme, 650 000 personnes seraient atteintes en France. C’est le cas du garçon de Marina et Christophe, Tiago, 5 ans, autiste atypique. Rencontre.

« On s’est demandé si l’autisme était contagieux quand on a vu notre fils isolé dans sa classe et exclu des sorties et des fêtes d’école. » Les souvenirs de Marina et Christophe, les parents de Tiago, débordent d’aigreur.

Pour assurer les soins de leurs fils de 5 ans, Christophe et Marina doivent aujourd’hui vendre leur maison. Photo C.LEFEBVRE. La Voix du Nord

En juin, le garçon est enfin diagnostiqué autiste moyen léger. Mais depuis qu’il a un an et demi, le couple se questionne sur ses comportements : « On l’appelait, il ne se retournait pas, il ne nous regardait jamais dans les yeux et courait partout dans la maison la tête penchée. Il n’avait jamais de fou rire et était très peu expressif ». Peu d’inquiétude, Tiago est jeune et « il a un monde à lui comme beaucoup d’autres », pense-t-elle alors. Le pédiatre, lui, ne détecte rien et c’est une connaissance travaillant à Handimômes qui réenclenche les interrogations. « Il faisait des crises violentes et pouvait se mettre en danger », poursuit Christophe.

« On s’est demandé si l’autisme était contagieux quand on a vu notre fils isolé dans sa salle de classe. »

Difficile suivi

Marina l’avoue, sur l’autisme, elle n’y connaissait pas grand-chose. « L’école aurait dû être le premier maillon. Au lieu de ça, Tiago était mis de côté, on nous a fait sentir que notre enfant était un problème sans pour autant nous donner de solution. » Quelques établissements de santé publics et de grandes déceptions plus tard le couple choisit le privé. « On partait souvent sans réponse ou avec celle, radicale, de placer Tiago en IME », explique Marina. Mais le couple soudé en décide autrement, le garçon suivra un enseignement traditionnel, « ça ne pouvait que le porter vers le haut », s’exprime encore un peu révolté Christophe, quand Tiago fréquentait un autre établissement.

Nous dépensons en moyenne 500 euros par mois pour le suivi de Tiago, tout est à nos frais et notre seule solution est de vendre

Une vie de sacrifices

Aujourd’hui le garçonnet de 5 ans est en grande section à l’école Suzanne-Lannoy à Escaudœuvres. Le diagnostic est posé depuis quelques mois mais, Marina ne travaille plus depuis déjà deux ans, elle est soutenue par quatre spécialistes et les résultats sont surprenants. « Il est passé d’autiste sévère à autiste moyen léger, il s’exprime par la parole maintenant et joue avec sa petite sœur. » Une évolution qui n’est pas sans sacrifice pour la famille. Aujourd’hui, la maison est en vente. « Mon chômage s’est arrêté, nous dépensons en moyenne 500 euros par mois pour le suivi de Tiago, tout est à nos frais et notre seule solution est de vendre », explique la maman de 32 ans.

Mercredi, ils se rendront au Marché Couvert, « il y a peut-être encore des choses qu’on n’a pas testées », pense Marina mais assurément c’est un soutien sous toutes ces formes que les familles recherchent lors de ces rencontres.

Par Pauline Delevoye | Publié le 14/11/2017
http://www.lavoixdunord.fr/265333/article/2017-11-14/autisme-nous-fait-sentir-que-notre-enfant-etait-un-probleme