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En 2009, l’ONU précisait « Aujourd’hui l’autisme affecte au moins 67 millions de personnes et est, de tous les troubles graves du développement, celui qui connaît la plus rapide expansion dans le monde. On le sait peu mais cette année, plus d’enfants recevront un diagnostic d’autisme que de diabète, de cancer et de SIDA additionnés».
Des chiffres effarants qui n’ont pas l’air de faire du bruit en France, alors qu’entre 1985 et 2011, la prévalence de l’autisme est passée de 1/10000 à 1/100 naissances, ce qui représente une augmentation de 600% en 20 ans! Ce trouble envahissant du développement qui affecte les fonctions cérébrales, mène dans la majorité des cas à des dégradations houleuses de l’état de santé des enfants atteints, par la détérioration du système immunitaire et biologique, l’altération des capacités de reconnaissance des expressions, des codes sociaux et affectifs. C’est en général le cas de la majorité des TSA, en France même si des chiffres officiels n’ont pas été établis par l’Etat, on parle de 650.000 personnes atteintes dont 180.000 enfants que nous ne souhaitons pas regarder grandir dans les conditions actuelles de la discrimination. Sachant que l’autisme n’a dévoilé que 10% de ses secrets, et que déjà les prévalences de plusieurs études montrent une augmentation d’une naissance sur cinquante, n’est-il pas judicieux de faire quelque chose ? Ou allons-nous simplement accepter qu’un enfant désarmé s’automutile ?

Une idée, une aberration !

Dire qu’un enfant autiste qui s’automutile, joue avec ses excréments ou agresse ses parents, est simplement neurodiverse est une aberration, oui, car si on laisse cet enfant extrêmement vulnérable livré à son sort il finit peut être par mettre fin à ses jours, et si on le laisse entre les mains de notre système de santé publique, il finit dans des psychiatries sous des psychotropes. « Des études entre 2005 et 2009 ont montré que sur les 70% des enfants ayant un retard de langage évalué à 2 ans, 1/2 auront un problème neurodéveloppemental et/ou neuropsychiatrique à 6/7 ans. » Professeur GILLBERG (1) De ce fait, s’il n’y a pas lieu de reconnaissance de la maladie, une prise en charge adaptée ne verra jamais le jour, tandis que la situation continue de s’aggraver. D’ailleurs, jusqu’à aujourd’hui, un médecin généraliste, un psychologue ou un psychiatre traite un autiste à son niveau et dans sa spécialité, généralement sans l’avis de ses confrères.

L’autisme entre le sort et l’espoir

Aux Etats Unis d’Amérique, au Canada et dans d’autres pays, la recherche scientifique est en plein essor pour essayer de clarifier les mystères de l’autisme et de pouvoir intervenir dans les profondeurs de ses causes, la communauté scientifique appelle à creuser dans le fond, puisque ce n’est plus seulement une question de génétique ou d’environnement. La question est plus complexe que cela, le cerveau a plusieurs processus, de l’ADN jusqu’aux symptômes (ADN, mRNA, modulation des cellules, processus physiologiques, neuromodulateurs, structures et fonctions cérébrales, connaissances et enfin symptômes), le Professeur HENDREN(2) explique « qu’il faut voir le cheminement du bas vers le haut, et si on examine le fond c’est là où tout se passe et c’est là où il faut agir pour modifier le processus pour aider nos enfants à bien avancer ou comment affecter ces processus au cours de leur développement d’une manière positive ».
L’autisme donc, est une maladie multifactorielle, de plus en plus on voit qu’ elle n’est pas seulement « la faute de la maman » ni du cerveau seul, mais ça concerne l’ensemble du système intestinal, immunitaire et cérébral, elle a plusieurs causes, et elle est associée à des troubles neurodéveloppementaux TDH, HPI, déficit de l’attention, trouble de la concentration, et dans certains cas à des maladies et troubles psychiatriques, schizophrénie, bipolarité, toc, dépression, anxiété, troubles de la personnalité, borderline… etc.

Où allons-nous ?

La trajectoire imposée par une vision obsolète de l’autisme a été inversée, beaucoup de parents ont perdu espoir parce qu’on traitait l’autisme comme un trouble qui ne peut pas s’améliorer, maintenant, aider le corps à être plus résiliant afin qu’il repousse ses facteurs délétères et aide l’organisme à devenir plus sain, par une bonne intervention au niveau du comportement de l’enfant quand il est assez jeune, resculpter ou reformater ses neurones, changer la manière dont ses neurones vont maturer en l’aidant à mieux apprendre, adapter la prise en charge à l’âge adulte, sont des faits réels, et ce n’est pas encore fini, la recherche scientifique dans d’autre pays bat son plein. Malheureusement cela n’est pas encore cautionné par notre système de santé publique, en France on n’a même pas commencé. Il est urgent d’agir dans tous les sens; Financer la recherche, former les professionnels en matière de diagnostic et de prise en charge, envisager des spécialités universitaires sur plusieurs approches: médicale (génétique, neurologique, gastro-intestinale, etc.), comportementale, ancillaire (langage, Occupational Therapy) et pharmacologique (traitement des symptômes associés) et pourquoi pas autismologie ? Une naissance sur cinquante est inévitable.
En France, 44 enfants naîtront autistes chaque jour.

M’Hammed SAJIDI
Président – Fondateur de VAINCRE L’AUTISME

(1) Pr Christopher GILLBERG – Psychiatre Enfance et Adolescence Université de Göteborg (Suède) Glasgow et Londres (Royaume‐Uni). Lors du « Le Congrès de l’Autisme 2010 » organisé par l’association VAINCRE L’AUTISME)
(2) Pr Robert HENDREN Directeur du Département de Psychiatrie de l’Enfance et de l’Adolescence à l’UCSF School of médecine/ Université de Californie. Lors du « Le Congrès de l’Autisme 2011 » organisé par l’association VAINCRE L’AUTISME).

http://blogs.lexpress.fr/think-and-do/2017/09/14/autisme-etat-de-sante/